Marcher en Arménie

12 août 2010

L’hirondelle de sept heures cinquante-quatre

Filed under: Marz de Tavouch — denisdonikian @ 18 h 51 mi
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Lourde, lente fut la nuit, minée par les fatigues des jours précédents. J’ai ouvert la porte pour m’en libérer. Et tout à coup l’aube a sailli devant moi. Les verts flamboyaient de toutes parts. Et le ciel doucement se mit à perfuser sa paix dans tout le corps. Dilidjan’ entamait à peine sa première ascension vers le grand jour. Je demeurai quelques instants sous l’averse de l’air. Mes yeux cherchant à tout absorber pour conserver le souvenir de cette joie des choses qui vibrait partout secrètement. Une hirondelle dériva brusquement d’un bord à l’autre du cadre qui s’offrait à mes yeux. Elle dessinait de son vol le plaisir d’être libre en laissant derrière elle un sillon sonore striant la souple fraîcheur du temps. Elle voletait, plongeait, suivait une courbe, disparaissait puis revenait plus vive encore, plus amicale, comme si elle jouait pour mes yeux dans un air de musique rieuse la pleine jouissance de son corps. Que serait, me dis-je, le ciel sans elle de Dilidjan’? Un jour terne. Une façon triste d’être au monde. Un éclat impuissant.

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